Le sucre : attention à la surconsommation chez le bébé et l’enfant

Laudavie

Depuis plusieurs années une surconsommation de sucre est observée chez l’enfant. Jus, sauces, gâteaux, compotes… le sucre se cache, en plus ou moins grande quantité, dans l’alimentation quotidienne. Il est même présent là où on ne l’attend pas forcément!

Les professionnels en parlent : grâce à une étude réalisée par l’ESPGHAN (European Society for Pediatric Gastroenterology Hepatology and Nutrition), nous faisons le point avec vous !

Pour consulter l’article dans son intégralité (version anglaise) : ici

 

Qu’est-ce que le sucre ?

 

Cette question peut paraître absurde, mais il est important de distinguer les différents types de sucres. Les spécialistes parlent des sucres naturels et de libres.

Dans la catégorie des sucres naturels nous pouvons identifier :

  • Les glucides simples (ou sucres rapides) retrouvés dans le sucre blanc raffiné, le lait et certains produits laitiers mais aussi dans les fruits.
  • Les glucides complexes (ou sucres lents) présents dans certaines céréales (pain, pâtes, riz…) ou certains des légumes frais (carotte, céleri, potiron..) et secs.

Pour ce qui est des sucres libres ils sont :

  • Naturellement présents dans certains aliments, tel que le miel, les sirops (érable, agave…) et les jus de fruits.
  • Ajoutés par les fabricants (=sucres raffinés) partout dans notre alimentation de tous les jours : boissons, petits-pots, biscuits, céréales du petit déjeuner, laits aromatisés (ou non) pour bébés…

Ces sucres libres sont montrés du doigts lorsque l’on parle des méfaits du sucre et de toutes les pathologies qui y sont associées.

 

Les impacts de la surconsommation de sucre sur notre corps

 

L’Agence de sécurité sanitaire française (Anses) révé lé en juin 2019 que 75% des enfants de 4 à 7 ans consomment trop de sucre quotidiennement. A l’heure actuelle, il est même question d’addiction au sucre, chez le bébé et l’enfant, qui devient comparable à une drogue. En effet, le sucre a un effet excitateur et boosteur. Lorsque l’enfant ingère du sucre, il en ressent les effets mais dès que le sucre quitte la circulation sanguine, l’enfant veut retrouver cette sensation agréable. Cette dépendance entraîne évidemment, à court et long terme, des conséquences néfastes sur le corps.

De manière visible :

  • Apparition de caries et d’érosion dentaire
  • Prise de poids, surpoids ou obésité
  • Troubles d’humeur, hyperexcitabilité
  • Problèmes de mémoire, concentration réduite

De manière plus sournoise :

  • Augmentation des risques de maladies cardiovasculaires
  • Troubles digestifs : diarrhée chronique, flatulences, douleurs abdominales, anomalies de croissance, ballonnements
  • Augmentation des risques d’apparition du Diabète de Type 2
  • Chamboulement des apports nutritionnels
  • Dérèglement de la sensation de satiété

 

Gérer les préférences alimentaires de son enfant, c’est possible !

 

Il est important de préciser que de manière innée, le nourrisson et l’enfant se tourne forcément vers des aliments doux et sucrés.

C’est durant son plus jeune âge que votre enfant apprend ses préférences alimentaires. En effet, les comportements et habitudes alimentaires s’acquièrent très tôt. L’enfant les conserve tout au long de sa vie. Le choix de la nourriture dépend essentiellement de la culture mais aussi de l’influence des parents. Il est donc nécessaire, pour vous parents, d’apprendre à votre enfant à consommer de tout. Les pédiatres recommandent d’ailleurs de démarrer la diversification alimentaire par les légumes. Commencer par les légumes et non par les fruits (ayant un goût sucré) permet à votre enfant de s’habituer à un autre goût que celui du sucre (auquel il est attiré de manière innée) et donc d’accepter plus facilement différents type d’aliments. Il faut surtout éviter au maximum les sucres raffinés dès la petite enfance.

 

Petit point allaitement :

Il a été noté que les enfants allaités, durant leur plus jeune âge, acceptaient davantage de tester de nouvelles saveurs par rapport aux autres nourris au lait infantile (ayant souvent un goût sucré). Effectivement, le lait maternel ayant des variations de goûts, les nourrissons seraient donc plus enclins à manger varié en étant plus âgé.

 

Recommandations de l’ESPGHAN

 

Nous en venons à nous poser la question : Faut-il bannir le sucre de l’alimentation des enfants ? Et la réponse est bien évidemment NON ! En effet les glucides sont un peu le carburant dont notre corps à besoin pour fonctionner. Cependant, il faut surtout limiter la consommation de sucres libres.

Durant l’enfance, l’apport important de sucre est souvent associé à deux repas : le petit déjeuner et le goûter.  L’Anses encourage ainsi à remplacer céréales, biscuits, jus de fruits ou boissons sucrées « par d’autres aliments plus intéressants qualitativement tels que les produits laitiers sans sucres ou d’autres aliments riches en calcium ainsi que des fruits frais (c’est-à-dire non transformés) et des fruits à coque». Le sucre devrait être consommer en tant que plat principal et non en tant que snack.

Apport quotidien maximal recommandé en sucre libre (< 5% d’apport énergétique) selon l’âge.

 

 

Savoir reconnaître les faux-amis

 

Malheureusement, les régulations européennes n’obligent pas l’affichage d’un label indiquant la présence de sucres raffinées dans les aliments pour les nourrissons et les enfants. Compliqué alors, pour vous parents, de vous y retrouver ! Il est donc important de vérifier par vous-mêmes la quantité de sucre pour un volume donné dans chaque aliment.

Voici quelques faux-amis que l’on peut retrouver dans l’alimentation quotidienne de nos petits :

  • Les jus de fruits : Qu’ils soient 100% pur jus ou à base de concentré, ils contiennent entre 24 et 88 g de sucre soit 4 à 14 carrés de sucre pour 2 verres (soit 500 mL) de boisson. Préférez donc un fruit frais beaucoup moins sucré.
  • Les petits-pots, compotes et laits aromatisés pour les enfants : Une récente étude de l’OMS dénonce une quantité trop importante de sucre et d’édulcorants dans les aliments infantiles. Privilégiez des préparations maison ou pensez bien à vérifier les étiquettes avec les informations nutritionnelles.
  • Le sirop ou nectar d’agave : La plante d’agave à l’origine contient beaucoup de composés sains. Cependant, la forme dans laquelle celle-ci est vendue, subie un traitement par la chaleur (processus de raffinement) qui détruit tous ses effets bénéfiques pour la santé. La forme finale du nectar d’agave devient un sirop hautement sucré néfaste pour le corps. On peut le retrouver en édulcorant, dans certains aliments et compléments alimentaires pour les enfants.

 

La surconsommation de sucre chez les enfants s’avère être un réel problème dans la société actuelle dont les professionnels de santé s’inquiètent. Bannir le sucre de leur alimentation n’est pas la solution à adopter pour autant. En effet, il existe des bons et des mauvais sucres qu’il faut savoir identifier afin de pouvoir réduire leur consommation. La meilleure solution reste de faire découvrir une large variété d’aliments à vos enfants mais aussi, de bien vérifier les étiquettes nutritionnelles de ces derniers.

 

Pour plus d’informations, voici une vidéo permettant de mieux comprendre la composition et les quantités de sucres présentes dans les aliments pour bébés :

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