Le sommeil des enfants de 1 à 3 ans : Questions de parents

Eva Ly Thai Bach

 

Le 19 mars dernier se déroulait la Journée nationale du Sommeil de l’enfant. Pour cette occasion nous avons réalisé un live instagram en compagnie de Ksenia, consultante en sommeil. Le sommeil de l’enfant est une véritable source de questionnement pour beaucoup de parents. Ksenia a donc répondu à certaines de vos interrogations sur le sommeil de l’enfant entre 1 et 3 ans. Nous espérons que ces réponses pourront éclairer vos lanternes.

 

 

BÉBÉ S’ENDORT TOUJOURS DANS MES BRAS, COMMENT LE DÉPOSER DANS SON LIT SANS QU’IL PLEURE ?

Tout dépend de l’âge de l’enfant ! 

Pour les enfants de plus d’un an s’endormant dans les bras ou alors au sein et pour les bébés allaités, il se peut que l’enfant n’arrive tout simplement pas à s’endormir seul. Ainsi, une fois qu’il quitte les bras de ses parents, il pleure. 

Le sommeil de ces enfants est conditionné. En effet, il ne s’endort qu’avec l’aide d’une personne extérieure. Ainsi bébé va s’endormir dans les bras de ses parents mais lorsqu’il se retrouve seul dans son lit, il se réveille ! Il y a un changement de condition pour son endormissement qui provoque le réveil et les pleurs.

La meilleure solution pour ce type de problématique est d’accompagner l’enfant dans l’endormissement autonome. Le faire petit à petit en dissociant par exemple, pour les enfants allaités, la dernière tétée du soir et l’endormissement. Ainsi dans ce cas précis, décaler la dernière tétée plus tôt dans la soirée pour éviter que bébé ne s’endorme au sein.

 

APRÈS AVOIR FAIT DU CODODO PENDANT 20 MOIS, NOUS VOULONS ARRÊTER MAIS MON ENFANT REFUSE DE SE COUCHER (SIESTE ET NUIT) TOUT SEUL DANS SON LIT, COMMENT FAIRE ?

Tout d’abord il est important de souligner que la durée du cododo n’a pas vraiment d’impact. Que vous ayez fait 4 mois de cododo comme 2 ans, l’enfant a vite pris l’habitude de s’endormir avec ses parents.

Il est alors difficile de casser ses habitudes, surtout lorsqu’elles sont agréables pour l’enfant !

En dormant pendant 20 mois avec ses parents, l’enfant n’a connu que cette manière de s’apaiser avant de dormir, ainsi il ne sait pas ce qu’il doit faire ou comment réagir lorsqu’il est posé dans son lit tout seul.

Dans ce cas-là il est important d’instaurer un rituel du coucher avec son enfant, qui permettra de lui donner des repères : « C’est le moment de dormir ! ». Cela permettra également de l’apaiser, le détendre et le préparer à l’endormissement : le lâcher prise !

L’important encore ici est d’accompagner son bout’chou vers l’endormissement autonome

 

COMMENT INSTAURER UN BON RITUEL DU COUCHER ?

Le rituel du coucher est extrêmement important pour l’enfant !

Il doit remplir plusieurs conditions pour être efficace :

  • Il doit tout d’abord correspondre à l’âge de l’enfant. Le sommeil de l’enfant et ses besoins psychologiques changent et évoluent en fonction de son âge, ainsi son rituel doit également s’adapter.
  • Réaliser le rituel avec une lumière tamisée. L’enfant comprend que c’est l’heure de dormir. De plus la mélatonine, hormone du sommeil, est uniquement secrété dans le noir.
  • Le rituel doit se passer dans la pièce où l’enfant dort pour qu’il associe bien cette pièce au moment où il faut dormir.
  • Trouver le bon équilibre concernant la durée du rituel. Pas trop long sinon l’enfant risque d’être trop fatigué pour dormir. Pas trop court car il pourrait ne pas être assez apaisé pour trouver le sommeil.
  • Il faut que le rituel du sommeil soit encadré. Si vous aviez décidé de lire qu’une histoire pendant le rituel, il est important de s’y tenir ! Entre 1 et 3 ans, nos petits bout’choux aiment tester leurs parents ! Ils ne le font pas par méchanceté mais car c’est une étape importante pour eux durant laquelle ils créent leur personnalité. Ils ont aussi besoin de connaître leurs limites ainsi que celles de leurs parents. 

 

MON ENFANT FAIT DES CAUCHEMARS, COMMENT L’APAISER ?

Dans un premier temps, il est important de savoir s’il s’agit bien de cauchemar

En effet, il est possible que ce soit des terreurs nocturnes. Comment faire la différence entre les deux ?

  • Un enfant faisant un cauchemar comprend que vous êtes là lorsque vous venez le rassurer. Il est réceptif à votre présence et à vos actions.
  • Lors d’une terreur nocturne de l’enfant, il n’a aucune réaction vis-à-vis de ses parents. Leur présence ne le calme pas, l’enfant est encore dans une phase de sommeil. Il ne faut surtout pas le réveiller.

S’il s’agit bien de cauchemar de l’enfant, vous pouvez discuter avec lui, essayer de comprendre d’où sa peur peut venir (s’il est en âge de bien s’exprimer). Il se peut qu’un moment dans la journée lui ait apporté trop d’émotions : le visionnage d’un dessin animé ou d’un film à la télévision par exemple. Un changement dans son quotidien peut aussi affecter ses nuits : maman enceinte, rentrée scolaire, changement de nounou…

La mise en place d’un rituel du coucher peut aussi améliorer son sommeil. Si celui-ci est déjà mis en place, peut-être penser à l’allonger si besoin afin que l’enfant soit bien apaisé avant son coucher. N’hésitez pas non plus à lui apporter une bonne dose de câlins qui le réconfortera également.

Toujours pendant le rituel du coucher, vous pouvez lire à votre enfant un conte thérapeutique. La lecture de celui-ci permettra à l’enfant de voir une situation frustrante sous un autre angle.

Sachez également que votre réaction vis-à-vis de cette situation joue énormément. Votre enfant ressent et absorbe toutes vos angoisses. Tenter alors de gérer la situation de manière calme, rassurante et réconfortante !

 

MON ENFANT PLEURE DANS LA NUIT MAIS A TOUJOURS LES YEUX FERMÉS, À QUOI CELA EST DÛ ?

Si votre enfant est toujours endormi, il ne faut pas intervenir. Au contraire, s’il pleure et se réveille, vous pouvez venir le consoler.

Cela peut être une terreur nocturne de l’enfant, et malheureusement, sur le coup vous ne pouvez pas agir, il ne faut pas réveiller votre bout’chou !

Lors de chaque acquisition d’une nouvelle capacité (la propreté, la marche…), les nuits des enfants peuvent être un peu mouvementées et être accompagnées de pleurs la nuit. Cela arrive également lorsqu’un nouvel événement bouscule le quotidien de l’enfant : déménagement, nounou, crèche …

Pour terminer, un enfant ayant accumulé de la fatigue et ayant donc une dette du sommeil à tendance à pleurer dans la nuit avant de se réveiller. 

 

MON ENFANT NE S’ENDORT QU’EN PORTAGE, COMMENT FAIRE POUR QU’IL S’ENDORME SEUL ?

L’endormissement autonome est la solution. Bien évidemment il ne se fait pas du jour au lendemain ! 

Afin de faciliter la transition portage/lit, il faut diminuer petit à petit l’interaction avec l’enfant avant le moment du sommeil.

Pour le moment l’enfant à l’habitude de s’endormir en mouvement avec le portage, il faudra donc dans un premier temps diminuer la fréquence du mouvement pour arriver ensuite à un état statique. 

Ensuite vous pouvez détendre et apaiser votre enfant dans les bras et le coucher dans son lit tout en conservant un contact physique avec lui. Puis petit à petit, la dernière étape est de retirer ce contact pour qu’il s’endorme seul.

 

COMMENT FAIRE QUAND MON ENFANT NE VEUT PAS FAIRE DE SIESTE ?

Il faut tout d’abord distinguer deux situations :

  • L’enfant est couché et il ne dort pas. 
  • L’enfant ne veut pas se coucher !

Ici il faut aussi se référer à l’âge de l’enfant. En effet entre 1 an et 2 ans l’enfant fait entre 1 et 2 siestes alors qu’à partir de 3 ans la seule sieste peut être abandonnée.

Ainsi l’enfant en grandissant ne ressent plus le besoin de dormir en journée et en fonction de son âge cela est tout à fait normal. Un enfant de 15 mois faisant 2 siestes veut passer à une seule et il n’y a aucun souci avec cela.

Si l’enfant est encore trop jeune pour abandonner les siestes il se peut simplement que le moment de la sieste soit mal choisi ! En effet les enfants suivent les rythmes circadiens, des moments propices dans la journée où l’enfant est prêt à s’endormir ! Il faut donc corriger le rythme de sommeil de l’enfant afin que son heure de sieste corresponde à ces fenêtres de sommeil. 

Par exemple, pour 1 seule sieste dans la journée, la fenêtre de sommeil est entre 12H et 14H.

Découvrez les Bonnes habitudes pour une sieste réussie.

 

MON ENFANT NOUS REJOINT AU MILIEU DE LA NUIT SANS RAISON PARTICULIÈRE, COMMENT FAIRE POUR QUE CELA S’ARRÊTE ?

Dans ce cas-là, il semble que l’enfant sait s’endormir seul mais ne sait pas forcément se rendormir seul. La capacité de se rendormir en cas de réveil nocturne n’est pas acquise.

De plus si vous laissez votre enfant venir dans votre lit après ces réveils en pleine nuit, cela deviendra pour lui une habitude. L’enfant a donc besoin d’être systématiquement remis dans son propre lit afin qu’il comprenne qu’il ne peut pas venir dans le lit parental dès qu’il en a envie. Il lui faut un cadre compréhensible. 

Vous pouvez tout à fait le recoucher et le rassurer mais toujours dans son lit pour que petit à petit il puisse s’apaiser seul et se rendormir sans l’aide des parents. 

Vous pouvez également utiliser un doudou, cet objet transitionnel permettant de faire face à la séparation avec les parents. 

Aussi, vous pouvez essayer de discuter avec votre enfant afin de comprendre pourquoi il se réveille et pourquoi il a besoin de vous dans la nuit (peur, habitude, évènement dans la journée…).

 

MON ENFANT ALLAITÉ DE 1 AN SE RÉVEILLE ENCORE LA NUIT EN PLEURANT POUR TÉTER, EST-CE NORMAL ?

Avant tout, il est important de voir avec votre pédiatre si votre bébé a encore besoin ou non de téter la nuit. Dans la plupart des cas, à partir d’un an, l’enfant n’a pas de besoin physiologique de téter la nuit.

Avec l’approbation de votre pédiatre si bébé n’a plus besoin de téter la nuit il faut commencer à travailler sur la dissociation sein/sommeil. Cette tétée de nuit peut-être soit une tétée de réconfort, elle peut aussi être un moyen de lier ses différents cycles de sommeil ou encore elle peut être devenue une habitude où l’enfant a faim. 

Dans un premier temps, il est important de diminuer ces tétées la nuit. Ensuite il faut l’accompagner dans l’auto-apaisement. Ce sera pour lui la manière de se rendormir seul si cette tétée nocturne est un moyen de passer d’un cycle de sommeil à un autre.

 

MON ENFANT S’ENDORT AVEC DU BRUIT BLANC, ET SE RÉVEILLE DÈS QUE CELUI-CI S’ÉTEINT, COMMENT FAIRE ?

Le bruit blanc est devenu pour l’enfant une condition pour son endormissement. Ainsi à la fin de celui-ci il se réveille.

Il faut donc supprimer cette condition pour éviter un réveil à la fin du bruit blanc. Commencez par diminuer le volume de ce bruit afin que cela devienne un bruit de fond que l’on oublie. Diminuez ensuite la durée jusqu’à supprimer complètement ce bruit !

Il peut également être intéressant de revoir son rituel du sommeil qui ne l’apaise peut-être pas assez au moment du coucher. 

 

MON ENFANT DE 11 MOIS S’ENDORT DIFFICILEMENT ET FAIT BEAUCOUP DE RÉVEILS NOCTURNES, DES CONSEILS ?

Dans un premier temps, il faut analyser tous les facteurs du sommeil. Est-ce qu’un rituel du sommeil est mis en place et est-il efficace ? Est-ce que mon enfant a un bon rythme de sommeil et n’a pas de dette de sommeil ? Du côté psychologique, est-ce que tout va bien, y a-t-il eu un changement dans son quotidien qui aurait pu l’affecter ?

Dans un second temps, vous pouvez essayer de tenir un agenda du sommeil. L’agenda du sommeil est un outil pour suivre le rythme de sommeil quotidien de l’enfant. Celui-ci vous permet de marquer les heures de coucher et réveil : siestes, sommeil nocturne et réveils nocturnes. Ainsi vous pourrez comprendre les rythmes de votre enfant. Vous pourrez observer s’il dort trop ou pas assez, ce qui pourrait expliquer les difficultés d’endormissement et les réveils nocturnes.

Si vous avez d’autres interrogations concernant le sommeil de vos enfants n’hésitez pas à découvrir nos articles sur le Sommeil des enfants.

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